Le départ estival s'effectue sur le grand parking du Col de Tentes, commune de Gavarnie, au terminus routier de la D923.
Attention, on est en zone "Coeur du Parc National des Pyrénées", le campement, sous une tente, dans un véhicule, y compris dans un camping-car ou dans tout autre abri est interdit, y compris sur les aires de stationnement. Les agents du parc verbalisent souvent.
La première partie de la randonnée jusqu'à la Brèche de Roland est quasiment totalement copiée de celle de MALRIF "Le Taillon et la Brèche de Roland au départ du Col de Tentes".
(D/A) Poursuivre à pied, par la route fermée à la circulation automobile, en direction du Port de Boucharo qui est atteint en 25 minutes. Après 1,6 km de marche sur cette ancienne route, à l'intersection du Port de Boucharo, remarquer un panneau vos indiquant sur la gauche la direction du Refuge de la Brèche de Roland.
(1) Suivre ce chemin qui monte doucement, mais longuement au pied des Gabiétous, puis du Taillon. Continuer jusqu'à atteindre la première véritable difficulté de la journée, constituée par un large verrou glaciaire, sous le glacier du Taillon.
(2) Il faut alors traverser une barre rocheuse moutonnée et son torrent en cascade. Faire très attention à la roche qui peut être glissante lorsqu'elle est humide.
(3) Gravir une zone de débris morainiques par le sentier en lacets. Une rapide montée dans les moraines supérieures conduit à l'étroit Col des Sarradets.
(4) La vue sur tout le haut du Cirque de Gavarnie se dévoile enfin. Le sentier descend et conduit en cinq minutes au refuge de la Brèche de Roland. En début de saison notamment, soyez prudent si des névés persistent. Du refuge, la vue sur la Brèche de Roland, plein Sud, est grandiose.
(5) Les choses se compliquent après le refuge et la pente s'accentue fortement. S'engager sur l'itinéraire de la montée de la Brèche de Roland. Le chemin emprunte la moraine du glacier (fondu lorsque je suis passé, mais cela n'est pas toujours le cas et il faut alors être prudent), prenant d'abord une direction plein Sud, avant d’obliquer à l'Ouest et d’effectuer un large virage pour revenir à l'Est en direction de la Brèche. Arriver alors à un replat où l'on découvre la brèche.
(6) Aborder alors une pente raide. Attention, en début de saison notamment car, par endroit, les gravillons peuvent recouvrir la glace. Atteint la Brèche de Roland.
(7) Le panorama est splendide tant en direction du Nord que du Sud. Ce qui est pour beaucoup un objectif en soi, n'est pour le montagnard avide de hautes cimes, qu'un passage vers des ascensions plus lointaines. Mais ce seuil conserve une majesté impressionnante qui ne laisse jamais indifférent ! Après quelques clichés, passer en Espagne en continuant à gauche, vers l'Est. Côté espagnol, le parc national d'Ordesa et du Mont Perdu se dessine droit devant dans un paysage minéral à perte de vue. Il faut longer la falaise directement sur la gauche afin d'emprunter la sente menant au Pas des Isards. Attention à ne pas trop descendre et s'éloigner de la falaise. Attention : Dans cet environnement, il n'est pas rare que les GPS perdent le signal ou vous positionnent mal.
(8) Le Pas des Isards est un passage délicat et vertigineux, équipé d'une main courante chaînée sur 30 m. Il peut impressionner les moins habitués mais n'est en aucun cas techniquement difficile. Sous la pluie, les prises peuvent quand même glisser donc une grande attention est requise. Ensuite, le sentier devient moins visible, choisir le couloir qui continue de longer la falaise au plus près (tout ce qu'on ne descend pas à cet instant, évitera de le remonter plus loin). En saison estivale, ce "couloir" est la trace laissée par les névés qui fondent au plus près de la roche, laissant un passage confortable. Des cairns facilitent l'orientation jusqu'au Col des Isards.
(9) Le couloir passe devant le porche béant de la Grotte Glacée des Isards (n°1), devant laquelle un muret de pierres forme un abri de bivouac. Atteindre le Col des Isards.
(10) En fait, l'itinéraire surplombe le col à proprement parler (où on aperçoit d'autres nombreux abris de bivouac, fait de pierres en cercle). En restant bien côté falaise, trouver de nombreux cairns qui vont baliser le parcours dans ce labyrinthe karstique.
(11) Poursuivre et infléchir son parcours vers le Nord-Est en montant sur un court replat (où s'ouvre sur la gauche dans la falaise une 2nde Grotte Glacée des Isards, n°2). Tout est toujours bien cairné.
(12) À la bifurcation, à la différence de la montée au Casque du Marboré plein Nord, rester orienté vers le Nord-Est en se dirigeant visuellement vers la crête. Parcourir, plus de 100 mètres en contre-bas de celle-ci, un long trajet faisant passer au Sud de la Tour du Marboré, sous ses falaises. Le sentier (moins bien cairné), où les lapiaz succèdent aux lapiaz, parcourt une vire large au départ, mais qui se rétrécit en passant sous la Tour du Marboré. Passé le Sud de la Tour, le sentier se rapproche de la falaise, laquelle est beaucoup moins élevée. Prendre l'itinéraire cairné de gauche.
(13) Passer la bifurcation de la descente de la Tour (qui sera empruntée au retour) et poursuivre tout droit. Quelques passages sont aériens et un peu engagés, mais sans danger. Approximativement arrivé à l'aplomb de la crête du Cirque à la cote 2933 m, choisir de monter au Nord (en traversant perpendiculairement, jusque tard dans la saison estivale, un névé persistant sans pente et sans danger). Grimper en escalade facile une courte cheminée à travers une brèche de la falaise pour gagner un plateau en pente douce montant vers la crête du Cirque. Atteindre la crête, sur un long col sans nom, précédant le Col de la Cascade.
(14) Apprécier l'émerveillement qui vous gagne à la vue, côté français, du Cirque de Gavarnie, plus de 1300 mètres plus bas. C'est vertigineux. Attention aux bourrasques de vent ! Poursuivre vers l'Est et gagner ainsi la cote du Col de la Cascade à 2955 m.
(15) C'est là la meilleure vue, imprenable, sur la cascade, dans ses différentes parties ! Redescendre de la crête pour parcourir un couloir descendant en pente faible (souvent avec névé). Passer sous l'Épaule du Marboré, tout est bien cairné. Atteindre la bifurcation à 2975 m pour monter à l'Épaule du Marboré.
(16) Suivre le sentier non indiqué sur la carte IGN, mais bien indiqué sur la carte OpenStreet Rando. Franchir ici la cote des 3000 ! Atteindre facilement ensuite un large plateau permettant de gagner l'Epaule du Marboré à 3073 m en revenant vers l'Ouest.
(17) Parcourir ensuite la crête vers l'Est-Nord-Est. Atteindre le plus facile des Pics de la Cascade, le Pic Occidental, pointant fièrement à 3095 m.
(18) Poursuivre sur la crête jusqu'à devoir s'arrêter du fait de la présence d'une large et profonde brèche. Prendre alors vers l'Ouest le long d'une croupe rocheuse, qu'il n'est pas utile de contourner complètement, car une petite cheminée permet de couper plein Nord pour rejoindre le bas des pentes terminales du Pic Brulle (ou Pic Central de la Cascade). Rejoindre le Pic Brulle à 3111 m sur des pentes assez raides et rocailleuses.
(19) Reprendre alors la progression sur la crête. Pratiquement au pied du dernier Pic de la Cascade, le Pic Oriental, quitter la crête, bloqué par une barre infranchissable sans équipement. Partir plein Ouest pour rejoindre un autre passage remontant sur la crête. Revenir alors vers l'Ouest pour ne pas rater l'étape du passage au 3ème pic de la Cascade, l'Oriental à 3161 m.
(20) Reprendre la crête vers le Pic du Marboré. Le sentier suit globalement la crête. Le Marboré s'affiche avec sa couleur de grès orange-rouille tranchant sur celle grise des pics précédents. C'est magnifique ! Au terme d'une ascension laborieuse mais sans difficulté, Atteindre notre objectif principal avec plaisir, le Pic du Marboré à 3248 m (selon l'IGN et 3251 m selon OSR). Il m'aura fallu 7 heures et 30 minutes.
(21) Ici un immense plateau sommital tranche avec les crêtes acérées et les pointes sommitales aiguës des pics précédents. Toutes les cimes des Pyrénées centrales sont visibles à 360° depuis cet incomparable belvédère, si vous avez la chance d'avoir une vue dégagée. Et si vous doublez la mise avec un jour sans vent (ce qui est rare), vous pouvez prolonger ici votre pause !
Pour le retour, ce présent parcours préfère la boucle que l'aller-retour. Mais ce n'est pas forcément plus court en temps. Partir dans la pente douce au Sud-Est, en délaissant les crêtes attirantes des Astazous au Nord-Est et du Cylindre du Marboré au Sud-Est. Par plusieurs couloirs peu profonds, parfois encombrés de névés, gagner au Sud du Pic du Marboré la côte 2920 m environ.
(22) Trouver dans ce secteur de lapiaz pas mal de cavités, gouffres ou pièges à neige, dont un remarquable. Puis, prendre la direction de l'Ouest dans un couloir globalement orienté Est-Ouest (c'est le chemin Brèche de Roland-Mont Perdu), bien cairné.
(16) À la bifurcation de l'aller pour monter à l'Épaule du Marboré, prendre à gauche et poursuivre vers l'Ouest (après un court passage vers le Sud). Atteindre le Col de la Cascade, déjà vu à l'aller.
(15) Poursuivre alors sur la crête facilement, mais assez longuement, vers la Tour du Marboré. Atteindre le sommet de la Tour à 3007 m, cet autre sommet emblématique du cirque.
(23) Pour la descente, attention de bien suivre le sentier relativement simple et cairné descendant vers le Sud, puis le Sud-Est sur plusieurs vires étroites, mais non aériennes. Atteindre la bifurcation passée à l'aller.
(13) Prendre à droite vers la Brèche. Comment rentrer de cette course sur les sommets du Cirque de Gavarnie sans achever le travail ? Il ne manque qu'un seul sommet du Cirque à plus de 3000 pour terminer l'histoire ! L'histoire s'écrira en heptalogie en gagnant le Casque ! Atteindre la bifurcation menant au Casque du Marboré.
(12) Encore plus facilement que chacun des autres 3000, prendre à droite en montant dans le lapiaz cairné.
(24) Passer tout à côté d'un profond et large nouveau gouffre. Atteindre le magnifique et large sommet du Casque du Marboré à 3006 m.
(25) Admirer une dernière fois le paysage exceptionnel du sommet de ce belvédère le plus à l'Ouest du Cirque de Gavarnie, notamment la totalité de la Grande Cascade de Gavarnie. Reprendre le même itinéraire en sens inverse pour regagner le Sentier des Isards, le Col des Isards, la Brèche de Roland, puis le parking du Col de Tentes, point final de ce magnifique périple (D/A).
). Avant toute chose il est important de préciser que cette rando est à réserver à des randonneurs expérimentés, des montagnards aguerris, en raison (surtout) de passages aériens assez techniques (en plus de la longueur de la rando et du dénivelé). Nous n'avons fait que 4 des 7 "3000" mentionnés: L'épaule du Marboré, le pic occidental de la cascade, le pic Brulle (ou pic central) et le pic du Marboré. J'avais déjà fait le casque du Marboré et la Tour du Marboré étant relativement proche du Casque, je ne m'attendais pas à un panorama très différent. Enfin sur la crête finale nous avons "esquivé", le pic oriental de la cascade très proche du Pic du Marboré qui pour la même raison ne devait pas avoir un panorama très différent. Malgré cela ma montre m'indique 25.25km et 1808m de dénivelé positif! Après un début facile jusqu'au col de Boucharo (l'échauffement), la montée commence tranquillement, puis la pente augmente peu avant la cascade du glacier du Taillon. On traverse les rochers parcourus par la dite cascade, évidemment potentiellement glissants. Puis une bonne montée vers le col des Sarradets, d'où on a un panorama incroyable sur les sommets du cirque de Gavarnie, et notamment, sur le plus haut d'entre eux: le Pic du Marboré (3251m d'après les espagnols / 3148m 'après les français), notre objectif principal du jour. On atteint juste après le refuge des Sarradets puis commence une montée relativement courte, mais intense vers la brèche de Rolland. Un replat avant la montée finale vers la Brèche permet de se poser un peu. On traverse alors rapidement un petit glacier puis un dernier bon effort permet d'atteindre la fameuse Brèche de Roland et de découvrir un double panorama (côté français vers le refuge et côté espagnol en franchissant la brèche. Justement il faut franchir cette brèche et bifurquer directement à gauche pour continuer. Dans la mesure du possible, toujours se rapprocher au plus près de la paroi, car la pierraille en contrebas est assez infernale à remonter en cas d'erreur! Le pas des isards, est un passage un peu vertigineux, mais la chaine et la surface dur et stable de la roche à cet endroit permettent de passer sans problème si on reste concentré! Un peu plus loin nous longeons le casque puis le tour. Peu après une cheminée à gauche où il faut être un peu à l'aise techniquement permet de s'élever sur un plateau. L'escalade pas si simple au sommet de la cheminée, même si aucun matériel n'est nécessaire, certains randonneurs ont rebroussé chemin devant nous. La vrai difficulté de la rando est au point (16) de ce topo, le chemin choisi pour rejoindre l'épaule de Marboré n'est pas du tout simple. Une partie d'escalade (avec les mains) est nécessaire, c'est étroit et vertigineux, certes stable si on ne panique pas, mais toute erreur est fatale (j'ai un peu regretté de m'être engagé par là avec mon fils, mais une fois la montée débutée, il est vite impossible de faire demi-tour). La suite est moins tendue, de l'épaule, on gagne, la crête avec les pics de la cascade et le pic du Marboré. Moins tendu mais quelques passages techniques tout de même, et quelques pierrailles infernales à parcourir
! Supers panoramas depuis tous les sommets et surtout au Pic du Marboré! Redescente en direction du cylindre de Marboré, descente de la pierraille avant de rejoindre le chemin principal du pic de Marboré. Retour vers la brèche de Rolland puis vers le point de départ (le col des tentes). Au total 7h57 de marche + 1h45 de pause (photos, contemplation, repas) avec un rythme relativement soutenu. Bref, magnifique randonnée (longue et technique), avec des paysages à couper le souffle, des vues dégagées en permanence. Certes il faut aimer l'aspect minéral (Des pierres, des cailloux, de la roche, mais la végétation quasi inexistante