Massif du Vignemale : 15 randonnées du lac de Gaube à la Pique Longue
Le Vignemale, toit des Pyrénées françaises
Le massif se trouve dans les Pyrénées, et plus précisément dans le département des Hautes-Pyrénées. Son plus haut sommet est celui de Pique Longue, ou Vignemale, à 3 298 mètres d’altitude.
Il est bordé au nord-ouest par le Massif de Cauteret, à l’ouest par le Massif de Panticosa, au sud par le Massif du Mont Perdu et à l’set par le Massif d’Ardiden.
Faisant partie intégrante du parc national des Pyrénées côté français, la partie espagnole est incluse dans la Réserve de biosphère Ordesa-Vinamala.
Huit sommets franchissent les 3 000 mètres d’altitude, en particulier autour du Glacier d’Ossoue, comme le Clot de la Hount à 3 289 mètres, la Pointe Chausenque à 3 032 mètres, le Pic de Cerbillona à 3 247 mètres ainsi que le Montferrat à 3 219 mètres.
Le Glacier d’Ossoue est le deuxième glacier des Pyrénées en termes de superficie. C’est le seul glacier des Pyrénées à avoir une langue glacière, c’est-à-dire un déversement dans une pente.
Pique Longue (3 298 m) et ses sommets
Officiellement classée 16e plus haut sommet de toute la chaîne pyrénéenne selon la liste officielle des 212 pics dépassant les 3 000 mètres, la Pique Longue s'impose comme une référence. Le Piton Carré (3 197 m) est accessible depuis la voie normale, il constitue une étape intermédiaire prisée. Le Petit Vignemale (3 032 m) : s'atteint sans difficulté particulière hors enneigement, il offre une vue sur la vallée d'Ossoue. Enfin, il y a aussi la Pointe Chausenque (3 204 m). Depuis le sommet, le panorama embrasse le cirque de Gavarnie, le Mont Perdu et, par temps clair, le glacier de l'Aneto.
Le glacier d'Ossoue, un patrimoine glaciaire
Niché entre 2 800 et 3 200 mètres d'altitude, le glacier d'Ossoue s'étendait sur environ 50 hectares en 2007. Comme la plupart des glaciers pyrénéens, il subit un recul significatif depuis plusieurs décennies sous l'effet du réchauffement climatique.
Le glacier est entouré de sommets majestueux qui dominent sa partie haute, offrant un cadre alpin d'exception dans les Pyrénées françaises.
Les grottes Russell et l'histoire du pyrénéisme
Henry Russell reste la figure centrale du pyrénéisme au Vignemale. Après ses premières ascensions dans les années 1860, ce comte franco-irlandais obtint en 1889 un bail emphytéotique sur le sommet, lui conférant une forme symbolique de propriété du massif pour 99 ans.
Ses sept grottes creusées dans la roche, dont la célèbre Villa Russell achevée en 1882, lui servaient d'abri lors de séjours prolongés à haute altitude. Certaines sont situées juste en dessous des grottes de Bellevue, visibles depuis le glacier d'Ossoue lors de l'ascension.
Russell organisait des banquets à 3 200 mètres, invitant amis et personnalités à partager ces nuits hors du commun face à la paroi nord du Vignemale. Ces expéditions ont contribué à forger la culture du pyrénéisme, faisant du Vignemale un symbole de cette pratique née au XIXe siècle.
Randonnées faciles et accessibles autour du massif =>
Lac de Gaube depuis le Pont d'Espagne
Situé à 1 731 mètres d'altitude, le lac de Gaube constitue une première étape idéale pour découvrir le massif du Vignemale sans engagement technique. Depuis le parking du Pont d'Espagne à 1 457 mètres, le sentier remonte le long du Gave de Gaube sur environ 3 kilomètres, avec un dénivelé modéré de 270 mètres.
Un télésiège permet de raccourcir le parcours et d'économiser près de 300 mètres de dénivelé positif pour ceux qui souhaitent profiter du lac dès le matin. La traversée de la forêt de hêtres et de sapins rend la montée particulièrement agréable, même par forte chaleur l'après-midi.
Arrivé au lac, la face nord du Vignemale se dévoile brutalement. Ce cadre minéral attire régulièrement des isards sur les pentes environnantes. L'itinéraire reste accessible aux familles avec enfants et ne nécessite qu'un sac à dos léger pour cette balade de 2 à 3 heures aller-retour.
Refuge des Oulettes de Gaube depuis Cauterets
Perché à 2 151 mètres d'altitude, le refuge des Oulettes de Gaube représente l'étape à faire pour contempler la face nord du Vignemale de près. Depuis le Pont d'Espagne, comptez environ 3 heures de marche pour un dénivelé positif de 700 mètres sur près de 8 kilomètres.
Le sentier remonte progressivement la vallée sauvage jusqu'au refuge. La vue s'offre alors sur le couloir de Gaube et les parois vertigineuses du massif.
Passer la nuit au refuge permet de profiter du lever de soleil sur la face nord. C'est aussi le point de départ idéal vers la Hourquette d'Ossoue à 2 734 mètres, col qui ouvre la voie vers le Petit Vignemale et le glacier d'Ossoue pour les randonneurs plus aguerris.
Lac du Chabarrou au départ du Pont d'Espagne
Perché à 2 260 mètres d'altitude, le lac du Chabarrou est l'un des joyaux méconnus du massif, souvent éclipsé par la fréquentation du lac de Gaube. Pourtant, son cadre sauvage et minéral, dominé par des crêtes dépassant les 2 500 mètres, justifie le détour.
Au départ du Pont d'Espagne, la montée s'effectue sur un sentier qui gagne rapidement en altitude, avec environ 800 mètres de dénivelé positif pour rejoindre le lac. Le terrain devient plus rocailleux en approchant du plan d'eau, signe que l'on bascule dans un univers de haute montagne.
Par beau temps, le reflet des sommets environnants sur la surface du lac offre un spectacle intéressant. Le secteur reste globalement préservé de la foule estivale, ce qui en fait une belle alternative pour les randonneurs cherchant la tranquillité à deux pas de Cauterets.
Lac d'Estibe Aute depuis la Fruitière
Le lac d'Estibe Aute se niche à 1 731 mètres d'altitude dans un écrin de moyenne montagne, dominé par des sommets franchissant les 2 500 mètres. Son accès depuis la Fruitière en fait une randonnée de quelques heures, praticable même en hiver à pied ou en raquettes à neige.
Le sentier longe le Gave de Gaube sur une bonne partie du parcours, offrant une traversée forestière agréable avant que le paysage ne s'ouvre sur les premières hauteurs. La montée reste régulière et ne présente pas de difficulté technique majeure.
Ce lac attire bien moins de monde que le lac de Gaube voisin, malgré une accessibilité comparable. Les randonneurs y trouvent une atmosphère plus calme, avec la face nord du Vignemale qui se profile en toile de fond dès les derniers hectomètres de montée.
Lac de Gaube depuis La Raillère
Moins connue que le départ du Pont d'Espagne, la variante depuis La Raillère offre une approche plus longue et plus sauvage du lac de Gaube, avec un dénivelé positif d'environ 500 mètres pour rejoindre les rives du lac à 1 731 mètres.
L'itinéraire remonte le vallon du Gave de Gaube sur plusieurs kilomètres, à travers une forêt dense où la lumière filtre entre les hêtres.
Ce point de départ séduit les randonneurs souhaitant allonger leur journée et éviter la concentration de visiteurs au parking du Pont d'Espagne, particulièrement saturé en juillet-août. Une fois au lac, la face nord du Vignemale se dresse.
Randonnées intermédiaires en 1 ou 2 jours
Refuge Bayssellance via Oulettes de Gaube
Relier le refuge des Oulettes de Gaube au refuge Bayssellance constitue l'une des liaisons les plus engagées du massif pour un randonneur intermédiaire. Perché à 2 651 mètres, Bayssellance est le plus haut refuge gardé des Pyrénées françaises, un titre qui donne le ton.
Depuis les Oulettes, l'ascension vers la Hourquette d'Ossoue à 2 734 mètres représente environ 600 mètres de dénivelé supplémentaire. Le col franchi, le refuge se trouve à courte distance sur le versant opposé, avec une vue directe sur le glacier d'Ossoue.
Cette étape intermédiaire prend tout son sens pour les randonneurs qui envisagent ensuite l'ascension du Vignemale. Attention aux chutes de pierres dans certains couloirs exposés au-dessus des Oulettes, notamment par vent fort. Les conditions du glacier varient selon la saison : une vérification auprès du gardien du refuge reste indispensable avant de poursuivre vers les hauteurs.
Pont d'Espagne – Refuge de Bayssellance
Rallier le refuge de Bayssellance directement depuis le Pont d'Espagne représente une belle journée de marche : environ 1 200 mètres de dénivelé positif sur 12 à 13 kilomètres. C'est l'itinéraire pour rejoindre le plus haut refuge gardé des Pyrénées françaises en une seule étape, en passant par le lac de Gaube et la vallée des Oulettes.
Sur ce tronçon, les amateurs d'histoire du pyrénéisme reconnaîtront les lieux fréquentés par le comte Russell au XIXe siècle, avec les grottes taillées dans la roche et le col de Cerbillona visible sur la gauche.
Le refuge de Bayssellance, une fois atteint à 2 651 mètres, offre une position stratégique pour observer le glacier d'Ossoue au lever du jour, avant d'envisager la provocante cheminée de neige menant vers la Pique Longue.
Grand Pic de Tapou et Pic du Milieu
Souvent délaissés au profit du Vignemale tout proche, le Grand Pic de Tapou et le Pic du Milieu méritent pourtant qu'on s'y attarde. Ces deux sommets offrent un panorama au sommet sans la fréquentation des itinéraires classiques du massif.
La randonnée affiche 1 428 mètres de dénivelé positif, ce qui en fait un itinéraire classé difficile, exigeant une bonne condition physique et une journée entière. Le terrain mêle sentiers herbeux et passages rocheux typiques des hauteurs pyrénéennes.
Ce qui rend cet itinéraire particulièrement intéressant, c'est précisément son caractère confidentiel. Loin de l'affluence estivale du lac de Gaube ou du barrage d'Ossoue, les randonneurs y croisent peu de monde, même en plein mois d'août. Un isolement rare à si faible distance de Cauterets.
Vallées de Gaube, d'Aratille et de Marcadau
Cette traversée enchaîne trois vallées glaciaires parmi les plus sauvages du Parc National des Pyrénées, reliant Cauterets au refuge de Wallon-Marcadau par des cols successifs. Le dénivelé cumulé dépasse les 1 200 mètres sur deux jours, avec une nuit possible au refuge des Oulettes de Gaube.
La vallée de Marcadau constitue le clou du parcours : ses prairies parsemées de lacs d'altitude et ses troupeaux de chevaux en liberté tranchent radicalement avec les univers rocheux des autres itinéraires du massif. Le refuge de Wallon-Marcadau, entièrement rénové, sert de base pour explorer ce secteur.
L'itinéraire traverse également la vallée d'Aratille, moins fréquentée, où les isards se montrent volontiers en début de matinée. Une traversée à vivre sur deux jours pour en saisir toute la richesse.

Quel est le meilleur itinéraire pour le Petit Vignemale ?
Petit Vignemale depuis le barrage d'Ossoue
Partant du barrage d'Ossoue à 1 834 mètres, cet itinéraire gagne le sommet du Petit Vignemale (3 032 m) avec un dénivelé de 1 373 mètres, ce qui en fait l'une des ascensions les plus exigeantes du massif. Le parcours longe le vallon du ruisseau des Oulettes avant de rejoindre les grottes Bellevue, puis le refuge Bayssellance à 2 651 mètres.
De là, la Hourquette d'Ossoue à 2 734 mètres marque le vrai tournant de la journée. Une fois le col franchi, la pente finale vers le sommet se négocie dans les éboulis et les rochers, sans nécessiter l'usage des mains en conditions estivales sèches.
L'état du glacier d'Ossoue, visible depuis la crête, varie fortement selon la saison : des crevasses peuvent apparaître dès la fin août dans sa partie basse, sous le Petit Vignemale. Prévoir une journée complète pour ce circuit.
Petit Vignemale depuis le Pont d'Espagne
Partir du Pont d'Espagne à 1 457 mètres d'altitude allonge considérablement l'ascension : comptez environ 26 kilomètres aller-retour pour un dénivelé total de 1 600 mètres jusqu'au sommet à 3 032 mètres. Un effort soutenu, mais que le télésiège de Gaube permet d'alléger en économisant 300 mètres de dénivelé et 8 kilomètres aller-retour.
L'itinéraire traverse d'abord la vallée de Gaube avec son lac à 1 731 mètres, puis remonte vers le refuge des Oulettes avant d'atteindre la Hourquette d'Ossoue.
Couper l'ascension en deux jours avec une nuit au refuge des Oulettes de Gaube reste la meilleure option pour profiter pleinement du coucher de soleil sur la face nord du Vignemale.
Autres randonnées
Certains circuits sont faciles et se trouvent au fond des vallées, dont le circuit « Balade dans Cauterets » ou le Circuit Napoléon – Eugénie à Luz-Saint-Sauveur, tous deux d’un niveau facile.
Des itinéraires sont accessibles en fauteuil roulant. C’est le cas du Lac du Tech et du Lac d’Estaing.
Histoire du Vignemale
Plusieurs origines circulent sur le nom du massif. Certains disent que le nom viendrait des langues indo-européennes avec les racines : « Vin » et « Mal », qui désignent des montagnes. Les deux sont associés à « Bigne ».
Pour d’autres, cela viendrait des termes « bigne » et « male », qui veulent dire « mauvaise hauteur ». En espagnol, le massif porte divers noms Villamala ou encore Camagibosa et Vigne-Male.
La première ascension de la montagne eut lieu en 1792. Cette ascension sera réalisée par des bergers.
En 1798, La Beaumelle, une professeure d’histoire naturelle, va étudier la géologie du massif et monter au Petit Vignemale par la vallée d’Ossue. Elle sera suivie par Pierre Toussaint de La Boulinière, qui partira depuis Cauterets.
Plusieurs personnalités vont tenter de gravir la plus haute montagne du massif, dont Vincent de Chausenque, un pyrénéiste, qui voulait trouver une nouvelle voie d’accès, mais sans succès. Il faudra attendre 45 ans après la première ascension pour que le sommet soit vaincu par Henri Cazaux. Une compétition sera même lancée en 1838 afin de devenir le premier touriste à affronter l’ascension. Une Anglaise remportera l’ascension : Miss Ann Lister. Cet évènement sera suivi d’une course entre les guides de Cauterets et ceux de Gavarnie entre 1904 et 1906.