Buhl et Schweighouse, entre manufactures et mémoire
Cette boucle d’environ 5,6 km propose une découverte de Buhl et de Schweighouse à travers leurs anciennes industries, leurs artistes et les histoires de leurs habitants. Des manufactures textiles aux pavés de mémoire, elle invite à regarder autrement des lieux parfois familiers.
D — Départ : place du Marché à Buhl
La promenade commence place du Marché, au cœur de Buhl. Le circuit associe neuf haltes patrimoniales, entre le village et Schweighouse, rattaché à Lautenbach. Prévoyez quelques pauses pour observer les façades et lire les inscriptions : plusieurs témoignages de cette histoire locale se découvrent à hauteur des yeux… ou au ras du sol.
1 — La mairie et la fresque « Le Village heureux » — km 0,14
Au 72, rue du Florival, la mairie conserve une fresque réalisée en 1962 par Jean-Paul Koenig, peintre né à Buhl et attaché aux paysages du Florival. Intitulée Le Village heureux, elle décore l’ancienne salle des séances, devenue l’accueil. Cette première halte évoque le regard d’un artiste sur son village natal. L’œuvre se trouve à l’intérieur : sa découverte dépend de l’ouverture des locaux.
2 — La maison Koechlin — km 0,34
Au 102, rue de la Fabrique, observez depuis la rue la maison Koechlin. Elle rappelle l’histoire de Maurice Koechlin, né à Buhl en 1856 dans une famille d’industriels du textile. Devenu ingénieur chez Gustave Eiffel, il participe notamment aux projets du viaduc de Garabit et de l’ossature de la statue de la Liberté. Avec Émile Nouguier, il conçoit également le premier projet de la future tour Eiffel.
3 — L’ancienne manufacture Martin-Thyss et Rogelet — km 0,46
Le site du 90, rue de la Fabrique témoigne de l’importance du textile dans l’histoire de Buhl. Martin Thyss y lance une fabrique de draps de laine en 1812 ; elle emploie déjà 300 ouvriers dix ans plus tard. Sous Edmond Rogelet, la production s’oriente vers les tissus de luxe et l’établissement atteint environ un millier d’ouvriers à la fin du XIXᵉ siècle. Une grande partie de l’usine ayant disparu, cette halte invite surtout à imaginer l’ampleur de l’activité qui animait autrefois le quartier.
4 — La réplique de la tour Eiffel — km 1,26
Près du giratoire, la petite tour Eiffel prolonge l’évocation de Maurice Koechlin. Son travail avec Émile Nouguier, commencé en 1884, constitue le point de départ du célèbre monument parisien ; l’architecte Stephen Sauvestre contribue ensuite à son apparence. Observez la réplique depuis le trottoir : le waypoint indique un point d’approche sur le parcours, à une quarantaine de mètres de la sculpture.
5 — Les pavés de mémoire de Charles et Mathilde Galliath — km 3,55
À Schweighouse, devant le 3, rue Saint-Michel, cherchez au sol les deux pavés portant les noms de Charles et Mathilde Galliath. Tous deux sont arrêtés le 27 octobre 1943, internés à Schirmeck puis déportés. Charles meurt à Neusatz en février 1945 ; Mathilde est libérée. Ces Stolpersteine, ou pavés de mémoire, inscrivent dans l’espace quotidien les noms et les parcours de personnes persécutées par le régime nazi. Prenez le temps de lire les deux inscriptions.
6 — L’église Saint-Michel et le pavé Émile Weber — km 3,64
À proximité de l’église Saint-Michel se trouve un pavé consacré à Émile Weber, né en 1878. Arrêté en 1944, il est interné à Schirmeck puis déporté à Gaggenau, avant d’être libéré. Cette halte rappelle que les pavés de mémoire rendent aussi hommage à des survivants des persécutions. Le waypoint indique les abords de l’église ; l’emplacement exact du pavé reste à repérer sur place.
7 — L’ancienne filature Marin-Astruc — km 4,19
Au niveau du 17, rue du Colonel-Bouvet, le parcours retrouve le patrimoine textile avec l’ancienne filature de coton Ziegler, acquise par Adolphe Astruc en 1848. Le site se développe ensuite avec une activité de tissage. Cette halte complète celle de la manufacture Rogelet et permet de mesurer la place occupée par les usines dans le village. Depuis la rue, observez les bâtiments industriels et leur organisation, sans pénétrer dans les propriétés.
8 — L’église Saint-Jean-Baptiste et le retable de Buhl — km 5,11
L’église Saint-Jean-Baptiste abrite un remarquable retable peint sur bois, réalisé à la fin du XVᵉ ou au début du XVIᵉ siècle dans un atelier lié à l’école de Martin Schongauer. Selon la tradition locale, deux Buhlois l’auraient sauvé à Colmar pendant la Révolution, en l’échangeant contre un petit fût de vin, puis rapporté et caché à Buhl. Si l’église est ouverte et le retable accessible, cette halte mérite une visite intérieure.
9 — La plaque commémorative Joseph Burghard — km 5,16
Au 27, rue de l’Église, repérez sur la façade la plaque dédiée à Joseph Burghard. Elle appartient à un ensemble de cinq plaques dévoilées le 26 mai 2023 sur les maisons où vécurent des victimes buhloises du nazisme. Cette dernière halte fait écho aux pavés de Schweighouse : à travers une adresse et un nom, elle rattache l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à celle des habitants du village.
A — Retour : place du Marché — km 5,64
Le parcours revient place du Marché après cette découverte de Buhl et de Schweighouse. Anciennes manufactures, maison d’ingénieur, œuvre peinte et inscriptions commémoratives composent un aperçu de l’histoire du Florival, à travers les lieux de travail, de création et de vie de ses habitants.