Le Saut de la Mounine - Arrivée

Photo N° 10609
0 Vues

Ici, au bord de la falaise, l'oiseau de passage se posant aux confins du Rouergue et du Quercy se tâte d'abord le pouls. Grandiose, le lieu l'est. On se dit que la liberté y puise quelque chose d'infini, d'impalpable aussi, tant le Lot qui roucoule dans cette bien belle vallée, apparaît ici tellement paisible. Derrière le visiteur, le Causse de Villeneuve. Face à lui, le Château de Montbrun. Entre les deux, la route Ambeyrac-Saujac d'où le point de vue tient du sublime. Et sous ses pieds, cette légende. À la fois fantasque, surréaliste mais tellement vraie. La légende du Saut de la Mounine.

Le 30 mai 1424, un pèlerin venait de Conques à Villefranche. Il avait amusé quelques années les moines de l'abbaye, une guenon l'imitant. Sur le chemin de Toulonjac, s'en allant vers le Lot, absorbé par ses méditations, sur le bord du précipice, il perdit pied brusquement, malgré les cris de la mounine (la guenon). Heureusement la corde dont il était ceint s'accrocha à une grosse branche de buis et il se trouva au bord d'une petite grotte d'où s'échappa aussitôt « tout un vol de gourpatasses, de cobéca, et de ratas-ponadas » (H. MOULY). La mounine sauta aussitôt dans la petite caverne et Cidoine, notre pèlerin, l'y suivit. Les paysans découvrirent l'ermite et lui apportèrent du lait, des cabécous, du pain, des fruits, des noix. On venait voir l'ermite pour « l'approvisionner et pour lui demander » « de los approudelar per montar au ciel ». Parmi les habitants qui l'adoptèrent, il y eut Ghislaine, la fille du seigneur de Montbrun. Renaud, sire de Gaifié, dont le père était toujours en conflit avec celui de Ghislaine, venait aussi le visiter. Comme dans bien des histoires, l'amour naquit de la rencontre entre les deux jeunes. Et la proximité de la grotte devint leur point de rendez-vous. Lorsque Ghislaine avoua son amour pour Renaud à son père, son sang ne fit qu'un tour. Il lui aurait dit : « Je préfère te voir sauter du roc au moine plutôt que tu épouses ce garçon ». Ne sachant à quel saint se vouer, Ghislaine interrogea Cidoine. Il eut alors une idée de génie : « Le jour où ton père partira à la chasse, tu viendras avec ta plus belle robe ». Ce jour-là, tous les deux et la guenon accédèrent au sommet de la falaise. La vieille et aveugle mounine fut habillée de la robe. Cidoine la fit alors « cabusser » de la falaise. De loin, Ogier vit la robe rouge plonger dans la rivière, il crut qu'il venait de perdre sa fille. Cidoine l'attendait au bord du Lot. Face à son désespoir, il lui avoua que sa fille était bien vivante et que c'était la guenon qui avait péri. Aussitôt, il fit venir Renaud et Ghislaine pour célébrer les fiançailles. La noce suivit et les deux familles se réconcilièrent... Depuis, les soirs de vent d'autan, la légende du fantôme de la mounine se répand dans tout le pays...

Texte inspiré de :

http://crmuret.org/randonnees_08/Villef/...

http://www.ladepeche.fr/article/2010/06/...

© Cette photo n'est pas libre de droits.

Aucun commentaire

Pour poster un commentaire, connectez-vous ou créez un compte Visorando.