Randonneurs et loups?

visorando
visorando
Visorandonneur administrateur
le mardi 09 février 2016 à 21:30

Bonjour,

le sujet semble surprenant, et pourtant, la réalité change...

Le loup est maintenant présent sur plus de la moitié du territoire français. Même s'il n'est vraiment installé que dans 10 ou 20 départements, il colonise un territoire de plus en plus grand. Venus principalement, d'Italie, d'autres loups sont en train d'arriver de Pologne en passant par l'Allemagne où il est très présent.

Les rencontres loups-randonneurs risquent donc de survenir de plus en plus souvent. En Allemagne, cela a déjà été le cas, même près des villes.

A ceux qui connaissent un peu le sujet, quel comportement adopter si l'on croise un loup, voire une meute? C'est un prédateur qui fait peur, souvent à tort. N'oublions pas que d'autres animaux (non prédateur) tels des sangliers ou des cerfs provoques des accidents graves tous les ans avec des promeneurs.

Arnaud

Arnaud

Sur les sentiers des Vosges...

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le mardi 09 février 2016 à 23:07

Bonsoir,

Sujet pas surprenant du tout, auquel je suis particulièrement sensible pour diverses raisons. En tout cas, le loup n'a pas fini de faire couler de l'encre (ou de faire dépenser des pixels).

Nul doute que si des randonneurs (ou d'autres personnes) sont agressés par des loups en France, cela changera l'écho médiatique qui a entouré le retour du loup dans notre pays depuis 1992. Est-il probable que des attaques produisent ?

Je pense que c'est peu probable. Le loup est une espèce au comportement discret, qui cherche à éviter le contact avec l'homme. Bien sûr, dans notre mémoire collective (remontant à un siècle ou plus), demeurent des épisodes d'attaques de loups et de morts humaines provoquées par des loups. Quand il a été possible de capturer les animaux responsables, il a été montré que la plupart d'entre eux étaient atteints de la rage. En d'autres mots, la rage ayant été (quasiment) éradiquée en Europe depuis quelques décennies, le risque qu'un (des) loup(s) s'aventure(nt) en territoire densément peuplé reste faible.

De mon point de vue, les éleveurs sont plus exposés aux attaques des loups (envers leurs troupeaux) que les randonneurs, en tout premier lieu les éleveurs de moutons du Sud de la France. Mais c'est une autre histoire ...

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le mercredi 10 février 2016 à 09:50

Bonjour,

Voir également un document récent (janvier 2016) et synthétique "Le loup en France", édité par le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité, téléchargeable

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

visorando
visorando
Visorandonneur administrateur
le mercredi 10 février 2016 à 10:58

Effectivement, c'est très intéressant, merci.

Arnaud

Arnaud

Sur les sentiers des Vosges...

bernardino
bernardino
Visorandonneur modérateur
le mercredi 10 février 2016 à 15:55

Ben oui il fallait que ce sujet arrive. Loup où es tu? Que fais tu? etc..
Je rebondis sur le premier message d'Arnaud qui cite d'autres animaux pouvant être rencontrés lors de nos sorties. Il y en a beaucoup et parmi eux les plus dérangeants et surtout les plus dangereux sont les plus petits. Lors de notre formation auprès des animateurs il y a un sujet qui est particulièrement développé c'est celui des piqures d'hyménoptères. Dans le même domaine n'oublions pas le joli taon qui aime bien nos mollets lorsqu'ils sont à l'air libre. Ces petits volatiles peuvent créer de véritables désagréments et parfois même bien graves comme par exemple l'œdème de Quincke. Et enfin pour en rajouter encore une couche, notamment dans l'Est de la France pensons à nous protéger des tiques.
Alors le loup oui, les patous oui, les taureaux oui (méfiez vous surtout des vaches si le veau est à côté), mais pensez que les petits volatiles sont bien plus nombreux et que ce sont eux que vous croiserez en route.
Allez bonnes randonnées.

Très cordialement
Bernard
Modérateur Visorando

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le mercredi 27 juin 2018 à 21:36

Bonsoir,

A défaut de loup, on peut rencontrer une ourse avec ses petits : https://www.ladepeche.fr/article/2018/06...

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

Thierryb26
Visorandonneur
le jeudi 28 juin 2018 à 19:56

Le principal problème engendré par la présence du loup, ce sont les chiens de protection au comportement plus ou moins incontrôlé pour certains. Le randonneur est devenu moyen de pression dans le conflit opposant éleveurs et pouvoirs publics...

Attention, dans la Drôme en plus des patous nous allons avoir de plus en plus de bergers d'Anatolie. Pour en avoir déjà croisé, ces chiens sont assez impressionnants.

ardo
ardo
Visorandonneur
le mercredi 23 janvier 2019 à 18:51

Statistiquement, l'animal qui fait le plus de victime, et avec des séquelles durables, est ... la tique.
Perso, j'ai déjà été chargé par un taureau (qui heureusement n'a pas insisté) et évité de justesse un gros sanglier qui courait comme un fou (lui-même poursuivi par des chiens). Alors les loups.... Je n'en ai pas encore rencontré, bien que j'ai pu voir des traces l'hiver dernier ainsi qu'un jeune chevreuil à moitié dévoré. Bon ça fait peur, mais normalement tout les spécialistes disent que le loup évitera les rencontres avec les bipèdes. Alors randonnons, on verra bien... Si vous êtes grand et en bonne santé (les animaux sentent ces choses-là), a priori je considère qu'on ne risque pas grand'chose.

will.30
Visorandonneur
le dimanche 17 mars 2019 à 23:27

Le problème n'est pas le loup, loin de là. C'est un animal que très peu d'entre nous auront la chance de voir ou même de croiser lors de randonnée.. même si lui nous aura vu ! Pour moi l'énorme problème est le plus grand danger pour les randonneurs ce ne sont pas les animaux sauvages mais plutôt les animaux domestiques (le Patou et autre chiens errants) par exemple.
Foi de randonneur, je préférerai croiser un loup que de tomber sur des patous débiles (comme cela m'est arrivé dans les préalpes du sud sur des sentiers balisés de randonnée) qui sont laissés seuls sur les alpages avec les troupeaux, mais qui sont surtout incapables de faire la différence entre un homme et les prédateurs. Deux plaintes pour mise en danger délibéré de la vie d'autrui classés sans suite. En clair la justice t'explique que les patous ont le droit de divaguer et toi de rester chez toi.

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le lundi 18 mars 2019 à 07:12

Bonjour,

Il est certain que les troupeaux de moutons et leurs bergers ont beaucoup plus à craindre des loups que nous autres randonneurs. Les chiens non maîtrisés sont plus fréquents sur les sentiers et plus gênants : pas besoin d'aller dans les montagnes où il y a des loups et de croiser des Patous pour le constater !

La présence de chiens Patous dans les troupeaux constitue un des moyens de protection contre les loups et il est légitime que des éleveurs adoptent ce moyen-là.

A lire, sur ce sujet :

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

will.30
Visorandonneur
le mardi 19 mars 2019 à 20:57

Bonjour,

Les élèveurs adoptent ce moyen là (les patous) car tout simplement, il sont subventionnés pour cela... et en l'absence de patous, ils ne sont pas indemnisés en cas d'attaque du loup.
Hormis mordre les randonneurs, les patous ne servent à rien et n'empêchent aucune attaque, car les loups sont bien plus malins qu'eux... parlez en aux bergers, même certains d'entre eux le reconnaissent .
Par contre, je persiste les patous en montagne posent un grave problème de sécurité publique. IL devient urgent que les députés issus des régions montagnardes abordent le sujet et que l'on n'arrête de subventionner un chien inutile mais surtout dangereux.

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le mardi 19 mars 2019 à 22:56

Bonjour will,

Désolé, je ne partage absolument pas ton point de vue, sur un problème que je connais un peu, et au sujet duquel il m'arrive moi aussi de parler avec des éleveurs et des bergers.

Les éleveurs sont certes subventionnés pour la mise en place de moyens de protection contre les attaques des loups. Les chiens de type Patou sont un de ces moyens mais pas le seul : il y a aussi le renforcement du gardiennage, le parcage des animaux, etc. Mais les subventions ne constituent pas le motif qui décide les éleveurs à adopter des moyens de protection : tout simplement, dans les zones d'implantation permanente des loups, c'est la seule façon pour eux de continuer à exercer leur métier dans des conditions à peu près correctes !

On ne peut pas dire que les chiens de protection ne servent à rien. Il y a tout de même des suivis de toutes ces actions, notamment de la part de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et de l'Institut de l'Elevage. Concernant les chiens de protection, il est avéré que 1) la présence de chien(s) de protection fait en moyenne diminuer le nombre d'attaques de loups et le nombre de victimes mais que 2) dans 15 à 20% des cas, la présence de chiens est sans effet. Ce n'est donc pas parfait mais, en moyenne, ça diminue les risques. Ce qui ressort également, c'est que la combinaison de plusieurs moyens de protection a un effet très bénéfique.

Un mot sur les frais engagés par l'Etat (ce n'est pas le coeur de ton intervention mais c'est un point important). Ces frais comprennent majoritairement les subventions à l'adoption de mesures de protection (23 millions d'Euros en 2016). Ils comprennent également les indemnisations pour les pertes subies (3 millions d'Euros en 2016) : les éleveurs sont indemnisés à la hauteur du prix d'achat d'un animal de même catégorie en cas de perte directe (une brebis égorgée par un loup, par exemple) et à hauteur de 15% de ce prix d'achat en cas de perte indirecte (par exemple, des brebis tombées dans un ravin suite à un mouvement de panique provoqué par une attaque). L'intervention financière de l'Etat est somme toute logique, vu que c'est ce même Etat qui a signé la convention de Berne de 1979 instituant le loup comme espèce protégée et qui a donné son accord à l'inscription du loup en 1992 par l'Union Européenne sur la liste des espèces d'intérêt communautaire.

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

gazok54
gazok54
Visorandonneur modérateur
le mercredi 20 mars 2019 à 10:08

Bonjour,
Bien beau discours de pro-loups Étienne. Moi je suis plutôt anti-loups et anti chiens errants. Les chiens de bergers entrent dans cette dernière catégorie et échappent à toutes réglementations. Bien éduqués, ces chiens peuvent ne pas manifester d'hostilité vis à vis de l'être humain (qui cependant ne doit pas provoquer l'animal) mais c'est loin d'être la préoccupation première des éleveurs. En attendant on ne se promène plus tranquillement dans nos montagnes et c'est désolant.
Je trouve que c'est une aberration que de remettre dans la nature des prédateurs comme le loup et l'ours. Un illuminé réussira t'il un jour à remettre des dinausorres dans la nature?
Et les indemnisations, 23 millions d'euros... je pense qu'elles seraient bien mieux ailleurs. Par ailleurs, si elles servent bien au préjudice matériel subit par l'éleveur, elles ne servent à rien pour régler le préjudice moral qu'il subit car les éleveurs sont proches de leur animaux.
Bien difficile débat que celui-ci ...

gazok54 - modérateur

Netra
Netra
Visorandonneur modérateur
le mercredi 20 mars 2019 à 10:20

Jean-Luc,

Désolé mais mon message n'est absolument pas pro-loups ! Je pense même avoir plutôt fait le plaidoyer des éleveurs...

Je suis entièrement d'accord sur le fait que les compensations financières ne dédommagent pas les dégâts psychologiques ! Mais que dirait-on s'il n'y avait aucun accompagnement financier ?

Une précision : les loups n'ont jamais été réintroduits, ils sont venus tous seuls depuis l'Italie. Ce n'est pas pareil que pour les ours, dont un certain nombre ont été réintroduits dans les Pyrénées depuis la Slovénie.

Bien cordialement,
Etienne
Modérateur Visorando

Thierryb26
Visorandonneur
le mercredi 20 mars 2019 à 10:21

Pour ce qui est du loup, on ne les a pas "remis dans la nature". Le loup a toujours été présent dans d'autres pays européens, et notamment en Italie d'où ils ont migré vers la France.

toplevel
toplevel
Visorandonneur traducteur
le mercredi 20 mars 2019 à 10:36

pour ma part,
je ne suis ni Pro-, ni Anti-, mais plutôt Anti-anti-
Tel que je le vois, le problème plutôt que nous sommes chaque jour de plus en plus nombreux à nous partager un espace qui diminue (sous la pression démographique, mais aussi la pression de nos modèles économiques)

Quelques uns tentent de rétablir un équilibre écologique en ré-introduisant certaines espèces là où l'Homme a créé le désordre au fil des siècles (et particulièrement ces dernières décennies).
L'équation est très compliquée à résoudre, surtout lorsque les derniers arrivants pensent systématiquement que leurs besoins sont prioritaires

Est-ce que ré-introduire des espèces prédatrices est une aberration? Est-ce une goutte d'eau dans l'océan? Faut-il abandonner l'élevage pour tous devenir vegan?
Sommes-nous assez intelligents pour en débattre objectivement et trouver des solutions efficaces qui impliquent tous les acteurs?

Randonn'Eure & Loir'', j'aime partir, me détacher, voir ailleurs si j' y suis, rencontrer des inconnus sympas.