Consolez-vous !

grandin
grandin
Visorandonneur modérateur
le mardi 17 juillet 2018 à 19:55

Malgré le soin que la plupart de nos contributeurs apportent à leurs descriptifs, et malgré la vigilance des modérateurs, certains d’entre vous ont pu connaître quelques déboires sur nos randonnées. Pour relativiser la gravité de vos petites et grandes mésaventures, je vous propose la randonnée à laquelle vous avez échappé.

Le Trou de l’Enfer par le Sentier des Chèvres

Distance : ça dépend
Dénivelé : ça dépend
Difficulté : ça dépend
Commune de départ : Plain-le-deau

Entre Goutes-sur-le-Vase et Plain-le-Deau sur la D9989, dans un virage à droite, sa garer au niveau d’un chêne plutôt normal.

(D/A) Partir sur la route, assez passante, sur le bas-côté plutôt étroit et à gauche de la route pour avoir le temps de sauter dans le fossé, pas très profond mais humide, à l’arrivée d’une voiture. Après un peu plus de 2,254 km, juste avant que la route passe à quatre voies, la-traverser (Attention ! Prudence !), pour emprunter un sentier herbeux qui descend à droite. Les herbes peuvent être assez hautes mais, plus loin, un ruisseau rejoint le sentier ce qui dégage un peu le terrain, pour peu que vous marchiez dans l’eau.

(1) Arriver sur une large piste empierrée et la suivre à droite. Elle descend progressivement sur à peu près 3,548km à travers une forêt de conifères dont les arbres, qui nous bouchent la vue sur le vallon, sont trop loin de la piste pour faire de l’ombre. Arriver à une zone de débardage pour l’exploitation forestière et emprunter, à gauche, le chemin sur la gauche d’un arbre qui porte plusieurs croix de différentes couleurs. Cet ancien sentier de découverte a été un peu agrandi par le passage des engins forestiers, mais vous pourrez encore remarquer quelques panneaux branlants et rouillés au pied de certaines souches. Attention, en hiver les profondes ornières sont très boueuses et, en été, assez casse-gu….

(2) Arriver, enfin, sur une petite route et remarquer le balisage Rouge et Blanc du GR6667W. Suivre la route, et le GR, à gauche jusqu’à un portail avec un grand panneau « Propriété privée ». Remarquer sur le poteau du portail, un balisage GR à moitié effacé. Passer sur la gauche du portail, par un interstice entre celui-ci et la clôture barbelée. Longer ensuite cette clôture à main droite (le vieux chien hargneux est mort cet hiver et, lors de mon dernier passage, il n’avait pas encore été remplacé).

(3) En vu de la ferme, se faire discret (le fermier lui, est encore de ce monde) en progressant entre la clôture et la haie de pyracantha (arbustes très épineux) sur quelques centaines de mètres avant de trouver, à droite, un endroit ou le fil barbelé est un peu détendu. Passer de l’autre côté de la clôture tant bien que mal, et traverser le pré, tout droit, en ignorant les vaches au doux regard, et le taureau au regard un peu moins doux. Arriver au bord d’un ruisseau. Le remonter sur quelques mètres sur une sente un peu escarpée (vous pouvez vous aider des mains) avant de trouver un arbre tombé en travers du ruisseau.

(4) Traverser sur ce tronc assez frêle, en ne vous laissant pas déconcentrer par les moustiques qui sont bizarrement embusqués précisément à cet endroit. Ne pas hésiter à se mettre à califourchon si le tronc est un peu humide et glissant. De l’autre côté, longer le ruisseau sur quelques centaines de mètres avant de tomber sur une station d’épuration.

(5) La longer par la gauche pour aboutir sur le terrain de foot, et traverser le circuit de motocross pour arriver sur la zone d’activité de Dormant-en-Somme. Traverser ce village tranquille en passant devant l’église datant des années 1950, l’une des premières (et malheureusement pas la dernière) à être construite entièrement en béton granuleux. Autrefois s’élevait ici une des plus belle chapelle romane de la région. Quitter ce charmant village par le Nord, en passant devant le château de Matouvou (panneau « propriété privée, défense d’entrer, défense de regarder par dessus le mur d’enceinte ») et butter contre la clôture de l’autoroute.

(6) Virer à droite sur une ancienne route désaffectée et plus où moins retournée à l’état sauvage, qui longe l’autoroute sur pas plus de 3,558km. Remarquer les gravats et carcasses d’engins éparpillés de-ci-delà, qui sont autant de témoignages du dur labeur des ouvriers qui construisirent cette autoroute, à seule fin de désenclaver cette belle région de Tandatoux et d’y développer, entre autres choses, la randonnée, sans doute le plus beau moyen de découvrir les richesses de notre patrimoine naturel.
Aboutir à l’orée d’une forêt et, comme l’indique le panneau « Chasse en cours ! Soyez vigilent », essayer de ne pas faire trop de bruit, pour ne pas attirer l’attention des chasseurs et des chiens, mais cependant suffisamment de bruit pour effrayer les sangliers. Cette agréable forêt est connue pour abriter la plus grande population de vipères arboricoles de France (espèce très rare ailleurs).

(7) Au niveau de la clairière, traverser tout droit au milieu des fougères pour aboutir au bord d’un ravin (Attention ! De ne pas poursuivre sur votre élan). Remarquer, sur la gauche, un sentier, le Sentier des Chèvres comme l’indique un panneau en bois. L’emprunter pour la descente jusqu’au Trou de l’Enfer en suivant bien les balisages Smileys Jaunes (hélas pas toujours aussi présents qu’il le faudrait, d’où l’utilité d’avoir un GPS, bien que, en forêt, et d’autant plus dans les endroits encaissés, les GPS ont tendance à faire un peu n’importe quoi). Mais, de toutes façon, comme les sentes que vous trouverez sur la gauche du sentiers sont encore plus casse-g… que le sentier que vous essayez de suivre en longeant le ravin à main droite au plus près, la question de l’orientation ne se pose pas vraiment.
Arriver enfin au fond du Trou de l’Enfer. La superbe cascade, maintenant prisonnière dans la grosse canalisation qui descend de la falaise face à vous, alimente une usine électrique située plus bas, elle-même construite pour alimenter les canons à neige de la station de sports d’hiver de Fontes-sur-Déjelle.

(8) Emprunter la piste caillouteuse qui remonte du gouffre, la Piste des Loups. Après plusieurs lacets et quelques km (je préfère ne pas avancer ici de chiffre car mon GPS faisait de drôles de spéculations, et je n’aime pas les imprécisions), émerger des bois sur une zone de pâturage pour les moutons en été. Si les moutons sont présents, les patous le sont probablement aussi. Se référer alors à la variante dans « Infos pratiques ».

Sinon, continuer à monter pour atteindre un col, d’où l’on pourrait avoir une jolie vue, s’il n’y avait pas les arbres. Sur la gauche, emprunter un sentier qui monte droit dans la pente sur un socle de pouzzolane un peu érodé (les deux battons ne seront pas de trop) pour arriver au sommet du Puy de l’Undessyzion. Très belle vue sur les immeubles du quartier des Zaunes de la petite ville de Villeneuve-sur-Chiquanes, et table d’orientation malheureusement un peu maltraitée par l’âge mais en cours de rénovation depuis les années 1980. Sachez cependant que vous êtes à 556 mètres d’altitude (sauf, bien sûr, si votre altimètre dit le contraire).

(9) De nombreux sentiers partent de ce petit promontoire très prisé des autochtones. Pour la descente, s’orienter au Nord-Nord-Est puis, après 125m, bifurquer vers l’Est, puis se diriger plein Nord au niveau de l’un des cairns qui parsème le paysage, celui qui a une belle pierre volcanique en équilibre précaire à son sommet. Après une descente assez abrupte, déboucher (normalement) sur un sentier balisé en Noir (si vous ne débouchez sur aucun sentier après environ 30min de descente, alors remonter au sommet du Puy et emprunter le sentier suivant).

(10) Bien suivre le balisage Noir pour se diriger dans la forêt de sapins car le sentier n’est pas toujours bien visible. Après , disons, 2,547km, déboucher sur un espace découvert, en haut d’une grande pente rocailleuse, juste sous les remontées mécaniques de la station de Fontes-sur-Déjelle. Tout là-bas, face à vous, dans le fond de la vallée, vous pouvez, par temps clair, apercevoir la D9989 et, normalement, votre voiture (D/A) garée sous son chêne. La rejoindre en descendant droit dans la pente, juste sous les câbles. Vous ne pouvez plus vous tromper.

Infos pratiques :

Variante patous : À la sortie du bois, emprunter le lit l’un ruisseau sur la droite. Si les moutons sont présents, c’est l’été, et le ruisseau doit être plus ou moins à sec. Descendre jusqu’à arriver sur une piste, beaucoup plus bas. L’emprunter à droite sur à peu près 2,448km pour remonter, en lacets serrés, sur la Piste des Loups, à environ 158m de l’endroit où vous l’avez quittée. Suivre la piste à gauche, sans trop lambiner car sachez qu’un patou peut vous renifler sur une distance bien plus grande que 158m (surtout l’été et après avoir crapahuté, vous, pas le chien, depuis quelques km !).

Attention ! L’ IGN n’est pas très à jour dans ces parages, vu que beaucoup des sentiers empruntés sur ce circuit ne figurent même pas sur la carte !!! Je vous conseille donc l’Appli Visorando pour que vous puissiez au moins vous rendre compte quand vous prenez le mauvais chemin.

À cause des tiques, des moustiques et des orties (sans parler des taureaux et des vipères), une bonne tenue d’apiculteur et des bottes assez hautes sont conseillées pour cette randonnée.

Good luck !

Si vous revenez de cette randonnée, merci de laisser votre avis sur Visorando.com

Nathalie
Modérateure Visorando

Thierryb26
Visorandonneur
le mardi 17 juillet 2018 à 20:28

Et tout ça c'est si vous avez la chance de trouver le point de départ

toplevel
toplevel
Visorandonneur traducteur
le mercredi 18 juillet 2018 à 07:47

Voilà une randonnée qui fait rêver.
Une chose est sûre: on ne sait pas combien de temps va durer l'aventure,
et manifestement, tout le monde n'en revient pas.

En tout cas, si un jour tu as besoin d'un compagnon de randonnée, je ne serai malheureusement pas dispo

J'en profite pour saluer tes talents de compteurs

Randonn'Eure & Loir'', j'aime partir, me détacher, voir ailleurs si j' y suis, rencontrer des inconnus sympas.

virgule
virgule
Visorandonneur
le jeudi 19 juillet 2018 à 11:04

Tu as oublié la clôture électrique (sans poignées) entre le point 3 et le point 4

Randonneuse en Champagne et en Alsace.

grosmollets
Visorandonneur
le jeudi 19 juillet 2018 à 12:51

J'ai adoré et tout lu jusqu'au bout !
Une envie irrésistible d'éviter ce coin...

grandin
grandin
Visorandonneur modérateur
le vendredi 20 juillet 2018 à 11:54

Contente que ça vous ait plu !

Nathalie
Modérateure Visorando

FJ6888
FJ6888
Visorandonneur modérateur
le samedi 21 juillet 2018 à 09:38

Magnifique !
On attend avec impatience les premiers avis sur cette randonnée, mais pour l’instant aucun n’est encore revenu.

grandin
grandin
Visorandonneur modérateur
le samedi 21 juillet 2018 à 20:15

Ne soyons pas pessimistes ! je pense qu'il faut juste laisser un peu de temps aux randonneurs pour se remettre de leurs émotions ...

Nathalie
Modérateure Visorando

toplevel
toplevel
Visorandonneur traducteur
le samedi 21 juillet 2018 à 20:41

J'trouve pas Goutes-sur-le-Vase ni Plain-le-Deau sur Google

Randonn'Eure & Loir'', j'aime partir, me détacher, voir ailleurs si j' y suis, rencontrer des inconnus sympas.

Isabouge
Visorandonneur
le jeudi 26 juillet 2018 à 09:45

Mais nous nous y croyons presque dites-moi ! Même si le paysage me semble trop urbain au niveau de l'étape 8 pour me donner envie de visiter le Trou de l'Enfer